Lors de la Révolution et du 1er Empire, les règlements, décrets et ordonnances se succédèrent à un rythme soutenu au gré des différentes autorités au pouvoir. Cela s’effectuait sans vision globale, sans volonté de perfectionnement et surtout sans tenir compte du plus important : du sentiment humain. En effet, ce service de santé qui est à l’aube de son existence doit trouver sa place, s’intégrer au sein d’une armée en pleine mutation tant structurelle que sur le plan de la stratégie. L’étude de l’évolution de l’uni- forme du personnel composant le service de santé durant les périodes qui nous intéres- sent examine :
- l’uniforme des officiers de santé : médecins, chirurgiens, pharmaciens
- l’uniforme des infirmiers : infirmiers auprès des armées, infirmiers exerçant au sein des hôpitaux militaires.
C’est l’association dénommée Le service de santé de la Grande Armée qui est ici représentée. Il s’agit de la 2ème compagnie (Fig. 1). On y remarque deux des quatre caté- gories œuvrant au sein de ce service : chirurgien et infirmier. Le pharmacien ne figure pas sur cette photo, car il n’exerce pas au cœur même du combat (son uniforme sera présenté dans l’article publié dans la e-revue. Sur ce cliché, nous voyons les tenues portées par les infirmiers conformément au règlement prescrit. Le quatrième homme en partant de la gauche est le centenier commandant cette compagnie, le capitaine Contremoulin ; remarquons qu’il porte la fameuse épaulette qui sera, durant la Révolution et le 1er Empire, refusée aux officiers de santé, ainsi que le hausse-col. Le deuxième soldat situé à gauche est un caporal-fourrier reconnaissable à ses galons parti- culiers. Les guêtres noires sont utilisées lors du combat, les grises pour les corvées, les blanches pour les défilés, la parade. En temps de paix le col est blanc, et noir en campagne. Certains des infirmiers portent le shako, d’autres le bonnet de police utilisé lors des bivouacs.
Sur la photo ci-dessus, se trouvent deux officiers de santé célèbres, Dominique-Jean Larrey (chirurgien en chef de la Grande Armée) et, à sa droite, René-Nicolas Dufriche dit Desgenettes (médecin en chef de la Grande Armée). Tous deux portent leur uniforme de grande tenue avec chacun la couleur distinctive attribuée à sa fonction. Signalons que c’est le règlement du 30 floréal an IV (19 mai 1796) qui institue les trois couleurs spécifiques qui seront en usage durant tout le 1er Empire et au-delà : le noir pour le médecin, le cramoisi pour le chirurgien et le vert pour le pharmacien. Ces couleurs se retrouvent sur le collet (1) des tenues. Une anecdote concernant cette troisième profession : le 16 janvier 1793, la Convention par un décret décide que le terme de pharmacien remplacera dorénavant celui d’apothicaire. Le règlement de 1798 lui donnera comme couleur distinctive le vert bouteille. Les trois couleurs de fonction apparaissent également sur les parements (2).
Pour être complet, il manque sur cette photo une teinte d’uniforme commune aux offi- ciers de santé, mais qui ne sera portée qu’avec réticence et parfois pas du tout par certains ! Le décret du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) va heurter l’esprit des médecins, chirurgiens et pharmaciens. En effet, il remplace le bleu national qui était la couleur de fond de l’uniforme par le bleu barbeau (bleu bluet) mêlé d’un huitième de blanc, donc bien plus clair que le précédent. Malgré de très nombreuses protestations, cette disposition sera applicable officiellement jusqu’en 1821. Cette mesure est d’autant plus inacceptable pour les officiers de santé que les administrateurs des hôpitaux conti- nuent de porter le bleu national. De même, une autre disposition stipule que le cramoisi du chirurgien doit être remplacé par l’écarlate, ceci sera peu appliqué dans les faits car les chirurgiens resteront fidèles au cramoisi.ors de la Révolution et du 1er Empire, les règlements, décrets et ordonnances se succédèrent à un rythme soutenu au gré des différentes autorités au pouvoir. Cela s’effectuait sans vision globale, sans volonté de perfectionnement et surtout sans tenir compte du plus important : du sentiment humain. En effet, ce service de santé qui est à l’aube de son existence doit trouver sa place, s’intégrer au sein d’une armée en pleine mutation tant structurelle que sur le plan de la stratégie. L’étude de l’évolution de l’uni- forme du personnel composant le service de santé durant les périodes qui nous intéres- sent examine :
- l’uniforme des officiers de santé : médecins, chirurgiens, pharmaciens
- l’uniforme des infirmiers : infirmiers auprès des armées, infirmiers exerçant au sein des hôpitaux militaires.
Le Service De Santé de la Grande Armée
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